- De quoi s’agit-il ?
- Quels sont les symptômes de l’épicondylite ?
- Épicondylite maladie professionnelle : qui peut développer cette maladie ?
- Épicondylite et reconnaissance légale : le tableau n°57
- Quels sont les mouvements à risque ?
- Prise en charge et traitement de l’épicondylite
- Quelles sont les conséquences ?
- Comment prévenir l’épicondylite en entreprise ?
- L’épicondylite (ou tennis elbow) est une inflammation douloureuse des tendons sur la face externe du coude, souvent liée à des gestes répétitifs ou à des efforts intenses.
- Elle touche principalement les métiers manuels impliquant des mouvements d’extension du bras, de torsion du poignet, ou d’utilisation répétée d’outils (marteau, vissage…).
- Elle est reconnue comme maladie professionnelle lorsqu’elle résulte directement des conditions de travail et figure dans les tableaux des TMS liés à l’activité.
- Les facteurs aggravants incluent les postures fixes, le froid, les vibrations, et l’absence de récupération entre les efforts.
- Les conséquences sont lourdes pour l’entreprise : arrêts de travail prolongés, baisse de productivité, surcharge pour les autres salariés, stress accru.
- L’employeur a une obligation légale de prévention (article L4121-1 du Code du travail) via la mise en place d’actions comme les formations TMS ou l’aménagement des postes.
Comme son nom l’indique, l’épicondylite est une inflammation au niveau des tendons et des muscles qui se trouvent sur l’épicondyle, relief osseux au niveau du coude. Reconnue maladie professionnelle sous certaines conditions, l’épicondylite est la maladie du coude la plus fréquemment rencontrée. En France, il s’agit d’un véritable enjeu de santé publique.
De quoi s’agit-il ?
Également appelée épicondylite latérale du coude ou plus couramment tennis elbow, l’épicondylite est une blessure de surmenage. C’est l’inflammation des tendons reliés à l’épicondyle, un petit os sur lequel s’insère les muscles de l’avant-bras au niveau du coude.
Selon Ameli, cette affection représente à elle seule 80 % des pathologies du coude et touche entre 1 et 3 % des adultes chaque année en France. Elle se classe parmi les troubles musculo-squelettiques (TMS) du membre supérieur les plus fréquents en milieu professionnel
L’inflammation se manifeste par d’intenses douleurs au niveau du coude. Parfois associées à une compression du nerf radial, elles apparaissent au toucher ou au moment de réaliser les mouvements qui sollicitent les tendons concernés :
- Quand on étend le coude
- Quand on attrape des objets
- Quand on tourne l’avant-bras
- Quand on effectue une rotation pour ouvrir une porte
La douleur est localisée sur la face externe du coude et peut irradier vers l’avant-bras. Elle peut survenir brutalement ou s’installer progressivement, parfois précédée d’une simple sensibilité au toucher de l’épicondyle.
Quels sont les symptômes de l’épicondylite ?
La reconnaissance précoce des symptômes des TMS est essentielle pour éviter l’évolution vers une forme chronique. Dans le cas de l’épicondylite, les signes cliniques caractéristiques sont :
- Une douleur à la face externe du coude, déclenchée ou aggravée par les mouvements d’extension du poignet et des doigts
- Une irradiation possible vers l’avant-bras, parfois jusqu’au poignet
- Une douleur au toucher de la zone d’insertion tendineuse sur l’épicondyle
- Une diminution de la force de préhension (difficultés à tenir un verre, serrer une poignée de main, soulever un objet bras tendu)
- Une raideur matinale ou une gêne persistante dans les gestes du quotidien
Le diagnostic est avant tout clinique : le médecin s’appuie sur l’examen clinique (test de Cozen, test de Mill) pour confirmer l’atteinte. Dans les formes atypiques ou résistantes au traitement, une IRM ou une échographie peut être prescrite pour visualiser l’état du tendon et exclure d’autres pathologies (fracture, syndrome du canal carpien…), conformément aux critères définis par l’INRS.
Épicondylite maladie professionnelle : qui peut développer cette maladie ?
Les personnes qui sollicitent régulièrement les tendons de la face externe du coude, s’exposent plus facilement aux symptômes de l’épicondylite. C’est notamment le cas des joueurs de tennis (d’où l’appellation « tennis elbow », elbow voulant dire coude en anglais).
Dans le milieu du travail, l’épicondylite peut être reconnue comme maladie professionnelle. Elle fait partie des Troubles Musculo-Squelettiques ou TMS en entreprise.
Si votre entreprise œuvre dans des métiers qui exigent des mouvements d’extension et des efforts intensifs, vos collaborateurs s’exposent potentiellement à des risques de tendinite au coude dont l’épicondylite fait partie. Ce serait par exemple le cas s’ils sont amenés à faire du serrage intensif ou utilisent un marteau de manière répétée.
Épicondylite et reconnaissance légale : le tableau n°57
L’épicondylite est inscrite au tableau n°57 du régime général des maladies professionnelles, relatif aux affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail. Ce tableau est publié et mis à jour par l’INRS et constitue la référence juridique pour toute demande de reconnaissance.
Pour que la reconnaissance soit accordée par la CPAM, trois conditions cumulatives doivent être réunies :
- La désignation de la maladie : le diagnostic d’épicondylite doit correspondre à la pathologie décrite dans le tableau (épicondylite latérale du coude)
- Le délai de prise en charge : la maladie doit se déclarer dans un délai de 14 jours après la fin de l’exposition au risque professionnel, conformément à l’article L. 461-1 du Code de la sécurité sociale.
- La liste des travaux : l’activité exercée doit figurer dans la liste indicative des travaux susceptibles de provoquer cette pathologie (travaux impliquant des mouvements répétés de préhension, d’extension ou de pronosupination du poignet et du coude)
En cas de reconnaissance, le salarié peut bénéficier d’une prise en charge à 100 % des soins, d’indemnités journalières majorées, et, selon la gravité, d’une rente d’incapacité permanente partielle (IPP). Pour une épicondylite légère non opérée, le taux d’IPP est généralement estimé autour de 5 %.
Quels sont les mouvements à risque ?
L’épicondylite en maladie professionnelle touche principalement les métiers manuels nécessitant la répétition de gestes qui sollicitent le coude, le bras, le poignet et la main :
- Les mouvements saccadés
- Les efforts intenses
- Les mouvements d’extension du coude
- Les gestes réalisés en position fixe ou dans une posture contraignante
- Les torsions de l’avant-bras et les flexions du poignet avec force et à répétition.
- Les mouvements de la main pour frapper (avec un marteau, par exemple)
- Etc.
Au-delà des mouvements proprement dits, certaines conditions de travail, notamment l’insuffisance du temps de récupération, le travail dans le froid et l’exposition continue aux vibrations favorisent aussi l’épicondylite : l’insuffisance du temps de récupération, le travail dans le froid, l’exposition continue aux vibrations, mais également le vieillissement et le nombre d’années d’exposition constituent des facteurs aggravants reconnus.
L’INRS rappelle que l’épicondylite est souvent multifactorielle : les sollicitations professionnelles s’additionnent aux pratiques sportives (tennis, golf, escalade) et aux gestes de la vie quotidienne pour augmenter progressivement le risque tendineuse.
Prise en charge et traitement de l’épicondylite
La prise en charge de l’épicondylite repose en premier lieu sur la mise au repos du coude : il s’agit d’interrompre ou d’adapter les gestes déclencheurs, ce qui implique souvent un arrêt de travail. La durée de cet arrêt varie en général entre 4 et 11 semaines selon l’activité professionnelle exercée.
Les options thérapeutiques médicales comprennent :
- Les antalgiques et anti-inflammatoires (AINS) : paracétamol en première intention, AINS sur courte durée en l’absence de contre-indication
- Le port d’une attelle ou d’un bandage épicondylien pour soulager la douleur au quotidien
- La kinésithérapie : traitement de référence, associant massages, physiothérapie et exercices d’étirement et de renforcement excentrique. Il faut compter en moyenne 10 semaines de kinésithérapie à raison de 2 séances par semaine pour observer des résultats significatifs
- Les infiltrations de corticoïdes : efficaces à court terme pour soulager la douleur localisée, mais elles ne réduisent pas la durée d’évolution et sont contre-indiquées en cas de fissuration tendineuse
- Les ondes de choc : technique de rééducation présentant une bonne efficacité dans les formes chroniques ou résistantes
- Le traitement chirurgical : envisagé uniquement en cas d’échec du traitement médical après 6 mois d’évolution. L’intervention chirurgicale consiste à libérer les tendons épicondyliens. La cicatrisation et la reprise sportive progressive s’échelonnent généralement sur 3 à 6 mois après l’opération
Dans la grande majorité des cas, les symptômes s’améliorent en 6 à 12 mois avec un traitement adapté. Cependant, sans correction des gestes et postures à l’origine de la pathologie, le risque de récidive reste élevé.
Quelles sont les conséquences ?
De nombreuses entreprises font appel à des experts pour organiser une formation ou un atelier TMS pour prendre en charge l’épicondylite maladie professionnelle et les troubles similaires. En effet, les conséquences économiques de tels troubles pour l’entreprise peuvent être désastreuses.
En France, les maladies professionnelles, principalement les Troubles Musculo-Squelettiques, constituent la principale cause d’arrêts de travail de longue durée. Bien entendu, les arrêts de travail impactent la productivité et la rentabilité de l’entreprise, le manque de personnel entraînant forcément une perturbation du fonctionnement interne.
L’augmentation de la charge de travail des autres collaborateurs constitue l’autre conséquence majeure des arrêts de travail causés par l’épicondylite maladie professionnelle ou par d’autres TMS. Les missions doivent, en effet, être réparties entre les collaborateurs présents, ce qui peut générer chez eux, du stress supplémentaire.
Sur le plan financier, les coûts directs et indirects liés aux TMS pour l’employeur sont considérables : cotisations AT/MP majorées, coûts de remplacement, perte de compétences, démotivation des équipes. La prévention représente donc un levier économique autant que social.
L’article L4121-1 du Code du Travail encadre les obligations de l’employeur pour garantir la sécurité des travailleurs et protéger leur santé physique et mentale.
Cet article impose à l’employeur de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des salariés, notamment en évaluant les risques et en planifiant des actions de prévention. Le non-respect de cette obligation peut engager la responsabilité civile voire pénale de l’entreprise. Cela implique évidemment la mise en place d’actions de prévention de l’épicondylite et de tout autre TMS.
Comment prévenir l’épicondylite en entreprise ?
La prévention de l’épicondylite repose sur une approche combinant ergonomie, formation et organisation du travail. Les actions concrètes à mettre en place à l’échelle de l’entreprise incluent :
- L’analyse ergonomique des postes de travail : identifier les gestes répétitifs, les postures contraignantes et les outils inadaptés (souris d’ordinateur mal positionnée, outils vibrants sans protection, plan de travail trop haut ou trop bas)
- La rotation des tâches : alterner les activités sollicitant le coude et le poignet pour limiter la sollicitation excessive des tendons épicondyliens
- L’aménagement des temps de pause : intégrer des pauses régulières, notamment lors de gestes répétitifs, pour permettre la récupération musculo-tendineuse
- La formation aux gestes et postures : sensibiliser les collaborateurs aux mouvements à risque et aux techniques de travail protectrices
- L’utilisation d’équipements adaptés : outils ergonomiques, protections anti-vibratiles, attelles préventives dans les métiers à risque
Chez Neo Forma, notre atelier TMS permet aux collaborateurs de comprendre les mécanismes des troubles musculo-squelettiques, d’identifier leurs propres facteurs de risque et d’adopter immédiatement des comportements protecteurs. Animé par des experts de la prévention, cet atelier pratique s’intègre facilement dans un programme de semaine prévention ou de journée bien-être en entreprise.
L’INRS recommande par ailleurs d’impliquer les salariés dans la démarche de prévention, en les associant à l’identification des risques et à la conception des solutions. Cette approche participative améliore l’adhésion aux bonnes pratiques et réduit durablement l’incidence des TMS.
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Nous répondons à vos questions
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Quels sont les tests cliniques spécifiques pour diagnostiquer l’épicondylite ?
Les tests cliniques principaux pour diagnostiquer l’épicondylite sont le test de Cozen et le test de Mill. Le test de Cozen consiste à faire une extension résistée du poignet, ce qui provoque une douleur à la face externe du coude en cas d’épicondylite. Le test de Mill implique une flexion passive du poignet avec le coude étendu, également déclenchant la douleur au niveau de l’épicondyle. Ces tests sont utilisés par le médecin pour confirmer l’inflammation des tendons latéraux du coude. -
Quels critères permettent la reconnaissance de l’épicondylite en maladie professionnelle ?
Pour qu’une épicondylite soit reconnue en maladie professionnelle selon le tableau n°57, trois critères doivent être remplis : un diagnostic médical précis correspondant à l’épicondylite latérale du coude, un délai maximal de déclaration de 14 jours après la fin de l’exposition aux facteurs de risque professionnels, et la pratique d’activités impliquant des gestes répétés de préhension, d’extension ou de rotation du poignet et du coude. Cette reconnaissance donne accès à une prise en charge complète et à d’éventuelles indemnités. -
Quelles sont les principales conditions de travail aggravant le risque d’épicondylite ?
Au-delà des mouvements répétitifs, certains facteurs de contexte au travail aggravent le risque d’épicondylite : les postures fixes prolongées, le froid, l’exposition constante aux vibrations d’outils comme les marteaux-piqueurs, et un temps de récupération insuffisant entre les efforts. Ces éléments favorisent l’irritation chronique des tendons et doivent donc être évalués dans une démarche de prévention. -
Quels bénéfices concrets la formation aux gestes et postures peut-elle apporter pour éviter l’épicondylite ?
La formation aux gestes et postures permet de sensibiliser les salariés aux mouvements qui sollicitent les tendons épicondyliens et à éviter les gestes répétitifs inutiles. Elle enseigne également des techniques de travail plus ergonomiques, favorisant l’adoption d’attitudes protectrices. En réduisant les microtraumatismes tendineux, cette prévention agit avant même l'apparition des symptômes, diminuant ainsi l’incidence de l’épicondylite au sein de l’entreprise. -
Quels sont les parcours thérapeutiques recommandés lorsque l’épicondylite devient chronique ?
Lorsque l’épicondylite persiste au-delà de six mois malgré un traitement médical classique (repos, AINS, kinésithérapie), des techniques alternatives comme les ondes de choc peuvent être proposées pour stimuler la cicatrisation tendineuse. Si ces solutions s’avèrent inefficaces, une intervention chirurgicale de libération tendineuse peut être envisagée. La rééducation post-opératoire s’étale alors sur plusieurs mois pour assurer un retour progressif aux activités.
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